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La tolérance
La tolérance est donc pour moi et après ces études brèves la valeur suprême nécessaire à l'harmonie des hommes. Nous ne pouvons vivre ensemble qu'à condition de nous accepter mutuellement. Au nom de quel prétexte rejeterions-nous autrui pour ses différences de pensées, de modes de vie ou pour des différences plus futiles de classes sociales ou de modes vestimentaires? Nous sommes tous humains donc égaux et nos discriminations naissent de nos peurs et nos doutes face à l'inconnu. Nous devons donc d'abord tenter de comprendre le monde extérieur, naîtra ensuite notre pleine tolérance pour ce monde désormais connu et compris. La tolérance découle donc du savoir, de notre capacité de compréhension et les gens intolérants sont souvent des gens à l'esprit peu ouvert, incapables de mener à bout toute réflexion. Mais ma définition de la tolérance n'est cependant pas à prendre au sens large, elle n'englobe pas toutes les formes de tolérance: en effet, le racisme, le fascisme, le sexisme, l'homophobie... peuvent être certaines des idées partagées par un homme, et au nom de la tolérance, je me devrais de respecter ces idées. Cependant, ce ne serait pas de la tolérance de ma part mais de la connerie. En effet, ces idées entraînent l'oppression d'une partie des humains sur une autre au nom d'aucun énoncé justifié, et une négation de l'humain. Ce sont donc des idées qui avilissent l'homme en instaurant en l'humanité même des différences non-prouvées et non-prouvables. Ces idées condamnables n'ont pas lieu d'être respectées et à la question: "Faut-il tolérer l'intolérance?" je réponds non, au nom même de la tolérance. Des idées qui vont à l'encontre de la liberté de chacun et qui peuvent même nuire à autrui dépassent le simple cadre d'idées "spéciales mais qui doivent cependant être respectées". Dans ce cas, ce sont des idées dépassées, révélant le non-aboutissement des pleines capacités intellectuelles de réflexion de l'homme. Tout est donc tolérable dans la limite de ce qui n'est pas tolérable par autrui: "la liberté individuelle s'arrête là où commence celle d'autrui" pour reprendre à titre d'exemple le célèbre article de la constitution des droits de l'homme de 1789. Mais notre lutte contre ces idées obsolètes et de surcroît dangereuses pour la sûreté personnelle des humains ne doit pas s'effectuer de manière violente mais bel et bien intelligente, en tentant de faire comprendre à autrui ses erreurs et les failles de son jugement, même si cette tâche s'avère être extrèmement difficile. Tuer ou violenter un humain ne lui a jamais permis de comprendre ce qu'on tente de lui inculquer d'une manière condamnable, au contraire, il ne risque que de s'enfoncer dans ses positions. La tentative d'explication s'averera plus fructueuse car l'idée fera peut-être son chemin dans un esprit pourtant obtus et fermé, ce qui entraînera alors une amorce de changement positif. Comme toujours, patience et longueur de temps (et intelligence, rajouterai-je) font plus que force ni que rage. Pour illustrer mes arguments, je citerai pour exemple la phrase de Kropotkine qui dit "tout ce que nous nous réservons, c'est de franchement exprimer nos sympathies et nos antipathies pour ce que nous trouvons bon ou mauvais. Un tel trompe-t-il ses amis? C'est sa volonté, son caractère? Soit! Eh bien, c'est notre caractère, c'est notre volonté de mépriser le menteur! Et une fois que tel est notre caractère, soyons francs. Ne nous précipitons pas vers lui pour le serrer sur notre gilet et lui prendre affectueusement la main, comme cela se fait aujourd'hui! A sa passion active, opposons la nôtre, tout aussi active et vigoureuse.", ce qui pourrait se résumer en clair par "c'est toi contre moi (et pas d'allusions à Obispo svp!) mais à moi d'arriver à prouver que j'ai raison". Nous devons donc tenter de vivre en parfaite harmonie dans un monde où chacun vivrait pour développer pleinement ses capacités intellectuelles et atteindre le bonheur, en respectant autrui et en s'en enrichissant. L'homme n'est pas une menace pour l'homme mais bien un bienfait; l'homme est rempli de vices mais comme le dit Fournier, dans une société libre, ces vices n'offrent aucun danger. Respectons l'homosexualité; l'amour malgré les traditions, les religions, l'âge, la couleur; oublions toutes ces notions que les gouvernements n'utilisent que pour mieux nous exploiter car "diviser, c'est mieux régner"; allons au-delà des conventions sociales, de la morale, des normes imposées; arrêtons d'être conditionnés; aimons autrui au-delà de ses différences; ne bridons plus nos caractères; vivez pour vous mêmes en sachant ce qui est bien pour vous; ne vous forcez plus à rentrer dans le moule, à être "comme tout le monde" car chaque personne a besoin de se sentir spéciale et différente; cultivez cette différence, car c'est cela que vous avez à apporter à autrui. Je suis un peu utopique, je sais, mais c'est bon de rêver et il ne tient qu'à vous de faire que ce rêve devienne réalité.
Kitty |