Qu'est-ce que la féminité?


La féminité ne peut pas s'expliquer, se décrire. Je pense qu'il est impossible à une femme d'expliquer sa féminité à un homme. La féminité se ressent dans la vie de tous les jours, dans ses relations sexuelles, quand on porte notre enfant neuf long mois... Je me vois mal tenter de faire comprendre à un homme le plaisir que je prends au lit, c'est tellement à l'opposé de SA conception du plaisir, aux antipodes même, son contraire en fait: Il donne. Moi, je reçois. Cette différence est la même que celle qui peut exister entre le fait d'offrir un cadeau et celui de le recevoir : dans les deux cas, on ressent un plaisir, celui de faire plaisir ou d'être contenté, plaisirs contraires cependant. La féminité est tout sauf des "apparences": le côté soit-disant "femme" imposé par les hommes et cette satanée société patriarcale: les vêtements spécifiques (jupes) et trop étroits qui mettent en valeur les formes des femmes destinés seulement à exiter leurs désirs, à assouvir leur "besoin" visuel; les femmes sont ramenées au rang d'objet qu'on expose dans des vêtements trop étroits, objets de consommation, "choses" des hommes, existant pour et par eux.

Mais la femme n'est pas le contraire de l'homme, elle est son égale mais son égale complémentaire. On ne peut nier en effet les différences génétiques des hommes et des femmes, et ces différences entraînent une supériorité physique de l'homme sur la femme que l'on ne peut contester, mais cette supériorité peut-elle et doit-elle entraîner, et forcément conditionner, toute autre forme de supériorité? La réponse est non, mais les hommes se sont longtemps servi de cet alibi bidon pour dominer la gent féminine. Et dominer est une manière de maîtriser ce que l'on ne connait pas, et qui nous fait peur. La femme a longtemps été un "mystère" pour l'homme, notamment en ce qui concerne tout ce qui touche à l'"essence" même de sa féminité: ses sécrétions hormonales s'entend. L'homme a développé une sorte d'aura néfaste, d'espèce de "secret" bien gardé autour du "mystère" féminin. La femme a été qualifiée d'"impure", de "fruit défendu", de "pêcheresse", par des hommes craintifs, et empreints de la toute-puissance de la figure maternelle: leur propre mère, qu'ils ont voulu faire tomber de leur piédestal. Les femmes effraient les hommes, il y a quelque chose chez elles qu'ils ne comprennent pas, qui leur échappe, et que peut-être elles-mêmes ne comprennent pas. Une femme est toute pétrie de sensibilité, en phase complète avec le monde qui l'entoure. Elle souffre plus que les hommes, apréhende plus son environnement avec son coeur, ses émotions. Ne se moque-t-on pas des hommes quand ces derniers éprouvent une quelconque sensibilité, manifestée par des larmes? C'est que les hommes font une nette distinction entre le monde extérieur et leur "moi" interne, leurs sentiments, la manifestation de leur sensibilité entraîne donc la réprobation des autres, qui voient dans ce geste une marque de féminité, donc d'infériorité: "Je ne vais pas me ramener à ces bassesses, je suis pas une gonzesse". Les hommes décident donc de cacher leur sensibilité sous de fausses attitudes machistes, de durs, d'insensibles pour ne pas "casser" leur image de "supérieur" en montrant qu'ils sont comme les autres, ni plus ni moins.

Mais bordel, réveillez-vous, vous ne voyez pas que vous êtes les figurant-e-s d'un théâtre permanent? Arrêtons cette mascarade. Je réclame un monde où hommes et femmes vivront en parfaite égalité, où les hommes auront le droit de pleurer sans "passer pour des pédés", où les femmes pourront raconter des blagues douteuses sans passer pour des débauchées, où la domination d'un sexe sur l'autre (quel qu'il soit : je ne veux pas de révolution "féministe" où les femmes prendront le pouvoir pour se venger de ces millénaires de domination masculine) sera abolie. Deux sexes existent mais c'est pour tenter de se comprendre l'un l'autre et pour co-exister, non pour "lutter" en cherchant lequel des deux est supérieur. Hommes et femmes sont complémentaires et ont été crées pour se compléter à la perfection et non pour être divisés. Nous sommes là pour trouver le bonheur et l'amour, qu'il soit homosexuel ou hétérosexuel, et non pour constamment avoir peur de la différence, qui engendre des absurdités telles que racisme, sexisme, homophobie... On se crée de faux problèmes, qui nous voilent les yeux et nous empêchent de voir les choses essentielles: la recherche du bonheur,de notre pourquoi sur Terre et du pourquoi et comment éviter cette destruction du monde environnant par les humains. Le plus important étant de trouver l'amour, parcequ'une vie sans amour est comme un diamant sans éclat.

Et je terminerai par une phrase de Stendhal, qui est une sorte de vérité générale mais que personne n'applique: "Il n'y a qu'une loi en sentiment. C'est de faire le bonheur de ce qu'on aime."