Opinion



Dans Elle (avril 1995), un article de Caroline Bongrand parle de l'America's Cup (uniquement composé de femmes) en ces termes pénibles : " elles ont de gros biscottos, de gros mollets, les dents serrées, pas un poil (ou si, justement) de féminité ici, ça ne rigole pas : il faut battre les hommes des autres équipes et si possible les réduire en bouillie. C'est plus du sport, c'est de la rage... seules deux des seize filles ont peur d' être des filles, et c'est rassurant ".
On vient d'apprendre que la féminité est une chose qui se mesure au tour de mollet et à un sourire affable (pas les dents serrées, surtout !!!). Et quand les femmes veulent gagner, c'est de la rage et pas de l'esprit de compétition ; c'est une anomalie, une maladie grave. Ca serait amusant de savoir précisément ce que c'est que "d'avoir l'air d'une fille".
DansCosmopolitainanglais du mois de Septembre, je lis : "Les hommes qui font de l'aérobic sont ridiculement féminisé et les hommes qui se trouvent un peu trop gros et deviennent obsédés par leur régime sont trop "femelle" et de ce fait repoussants".
Cet amoncellements d'insultes aux femmes, dépeint comme un être "normalement" obsédé par son poids est vomi par une Chrissy Iley.
J'avoue avoir pris en pleine tête la haine de cette image de femme.
Dans un autre Elle, Arno Klarsfeld déclare dans un article écrit dans un pur style rédac' pompeux de troisième : "aujourd'hui, les manequins sont, avec les chefs d'états, les personnes les plus en phase avec notre société... Cette fin de siècle leur appartient" et aussi : "qu'est-ce qu'un modèle ? C'est un objet qui tend à être reproduit par imitation. Quel métier plus noble que celui d'influencer sur le cours de la beauté ?". En résumé, il n'y a rien de plus beau pour une femme que d'inspirer un homme.
  Quant au fait qu'être mannequin pour une femme soit l'équivalent d'un chef d'état pour un homme... No comment ! Allez, on cherche son créateur gentiment ! De toutes façons, cet abruti aux soirée mondaines avait appeller à voter Chirac pour qui la femme corrézienne idéale est celle "qui ne parle pas, sert les homme à table et ne s'assied pas avec eux" ; top niveau.
  De plus en plus fort, la couverture deBibaen Septembre, affiche ce titre à flinguer : "Enfants : peur d'en faire un pédé". Je ne suis pas en mesure de faire le compte-rendu de l'article, je suis trop occupé à les déchirer un par un. Quand le sexisme et l'homophobie se prennent par la main...
Tout ça, c'est quand même le signe d'un sacré retour en arrière, illustré entre autres par le fameux règne des top models (enfin, l'offensive démente des journeaux pour installer ce "rêve" de force, et vendre du papier mâché).
Valoriser à outrance un métier de hasard basé sur l'apparence en oubliant de parler d'autres modèles de réussite au féminin est un super message sublimininal qui doit faire son chemin dans l'esprit de pleins de gamines. La seule image de féminité actuelle ultra valorisée est une femme silencieuse et interchangeable, remplaçacble par un sosie. C'est le grand triomphe de la docilité. Se taire, avoir un beau sourire et sortir avec une rock-star ridée est devenu le summum de la réussite médiatique au féminin.
   Dans le genre sournois, il y a aussi la nouvelle starification des acteurs(trices) de porno. Je n'ai rien contre les porno-stars. On fait ce qu'on veut de son corps. Mais un peu de logique s'impose : si ce sont des stars, les filles de la rue Saint-Denis et du Cours de Vincennes ou d'ailleurs aussi. Elles font aussi l'amour pour de l'argent. La seule différence, c'est la présence d'une caméra qui glamourise le tout et dans le cas des pornos-stars, l'appui des médias "branchés" (Skyrock, Canal + ,etc...).
   Parkant de prostitution, je propose une bombe pour "Pretty Woman" qui a réussi à faire rêver des millions de petites et grandes filles sur le métier d'avenir de prostituée. Tout le monde sait que ça ce passe comme ça chez Mac Macquerau.
   Faire rêver une fille sur une activité qui ne joue (encore) que sur l'apparence, et l'exploitation sexuelle, c'est un peu assassin, quand même.
   Le sexisme est dons bien de retour et il avance masqué. Il y a à peine dix ans, il ne faisait partie que du monde des "beaufs". Mais le revoila branché, il prend des poses glamoureuses, et sournoisement, mine de rien, il se légitimise. Pas une boîte qui n'affiche son : "tenue sexy pour les filles exigée". Ah oui ? C'est quoi sexy ? Il y a une définition ? Sexy pour qui ?
   Pas un clip qui n'aie son cotat de filles souriantes et découverte, couvant le chanteur d'un regard allumé de désir. Et quand ça vient de la part des groupes aux prétentions révolutionnaires, c'est à pleurer d'absurdité. Sans oublier les textes de certains groupes qui confondent dans la même débilité crasse, dénonciation de la violence des keufs et sexisme de base beauf (Ministère Amer et son "Brigitte, femme de flic" , chanson digne des meilleurs jours de Patrick Sébastien).
   Quand aux pubs, elles continuent de plujs belle à confondre voitures, seins et fesses. A quand un gros plan de sexe masculin en érection pour vanter la puissance de la dernière Mercedes ?
     Et bien sûr, vive la télé et ses Miss Météo minaudantes...
    Bon, sur ces réflexions encourageantes, un matin je me suis dit que je serai bien à l'abri de tout ça dans la mouvance libertaro machin anti-fasciste, anti-pleins de de choses. Et ben, pour finir sujr une note de désespoir, apprenez qu'une femme "ennemie de classe"" est plutôt une "salope", un "boudin", une "pute" pour beaucoup de nos chers militants et devrait non pas réfléchir à ses idées, mais (authentique) "aller se faire faire un lifting".
   Tiens, je crois que je vais aller direct m'inscrire à un cours de boxe thaï et puis je vais m'abonner auNouvel économiste.Ils ne parlent pas de "salopes" là dedans.

Paru dans Apache N°7                Article deLOLA

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