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LES FEMMES ET L'ISLAM EN DIX LECONS GÉNÉRALITES : L'islam est la plus récente des trois grandes religions monothéistes. Il se situe dans la continuité du judaïsme et du christianisme, dont il reconnaît les textes sacrés. Le texte principal de l'islam est le Coran. Il a été "révélé", (c'est-à-dire dicté par dieu, par l'intermédiaire de l'ange Gabriel) à Mahomet entre 610 et 632 après JC. Un document supplémentaire joue un rôle important dans la vie des musulmans : la Sunna, qui rassemble entre autres les hadiths (paroles du Prophète) et en tire une sorte de code des usages quotidiens - nourriture, habillement, habitation, comportement général. On compte 450 à 500 millions de femmes musulmanes dans le monde (principalement en Afrique et au Moyen-Orient. LE CORAN ET LA SUNNA COMME PROGRES POUR LES FEMMES : A l'époque où ils ont été rassemblés / écrits, la Sunna et le Coran proposaient une amélioration sensible du statut des femmes. Ainsi, le Coran dénonce-t-il à plusieurs reprises les infanticides de filles (Sourate Les Troupeaux, versets 137/140, Sourate L'Abeille, verset 57/59), quoique qu'en s'appuyant sur un argumentaire parfois franchement pénible : les jeunes enfants morts étant censés devenir des anges-messagers d'Allah, le Prophète s'exclame ainsi "Votre [dieu] préférerait-il pour vous des fils et prendrait-il pour Messager des femelles ? Vous diriez une énormité !" (Le Voyage Nocturne ou Les Fils d'Israël, v 40). De même, il faut bien considérer les consignes coraniques sexistes relatives à l'héritage ("Allah vous l'ordonne pour vos enfants : au mâle, une part égale à celle de deux femelles" Les Femmes, v 11) comme progressistes dans un monde où les femmes ne recevaient jusqu'alors aucun héritage mais pouvaient au contraire en constituer une part (Les Femmes, v 23). STATUT GLOBAL DES FEMMES : inférieur. "Les hommes ont autorité sur les femmes, du fait qu'Allah fait grâce à certains plus qu'à d'autres" (Les Femmes, v 34) ; "Elles ont des droits équivalents à leurs obligations, selon la justice. Mais les hommes sont un degré au dessus d'elles" (La Génisse, v 228). MARIAGE : Les musulmans acceptent la polygamie. Quatre épouses au maximum pour les croyants (Les Femmes, v 3), sans compter les servantes et esclaves ; nombre illimité pour le Prophète qui se gratifie d'un verset à usage strictement personnel en ce sens (" ... toute adhérente (musulmane) qui s'offre au Nabi (Mahomet), si le Nabi veut l'épouser, c'est son privilège" Les Partisans, v 50). La fonction première du mariage est, sans surprise, la reproduction ("Le Fendeur des ciels et de la terre crée pour vous des épouses, nées de vous-même, et pour les animaux des épouses, grâce auxquelles Il vous multiplie." La Concertation, v 11). Cependant, à la différence de chez les chrétiens, le plaisir (de l'homme je veux dire) se voit également accordé une place importante. Il existe même, chez les chiites uniquement, des mariages à durée déterminée dont c'est la fonction principale (bien qu'ils entraînent les mêmes devoirs que les mariages classiques). Le service sexuel fait bien sûr partie de ces devoirs ("Les femmes sont pour vous un labour. Allez à votre labour comme vous le voulez" La Génisse, v 223 ; "Si un homme appelle son épouse pour faire l'amour, qu'elle se présente aussitôt, même si elle est penchée sur le feu pour faire la cuisine" hadith cité par T. Nasreen, "Femmes manifestez vous !", p. 47). Il est cependant admis (au moins implicitement) que les femmes peuvent éprouver du plaisir, ainsi : "L'épouse qui commet une erreur grave, ne l'acceptez plus dans votre couche et frappez-la avec modération" (hadith Tirmizi). Car frapper sa femme fait aussi partie des privilèges du mari. Mieux : il s'agit d'un droit global des hommes sur les femmes, d'un outil de répression clairement assumé ("Admonestez [les femmes] dont vous craignez la rébellion, reléguez-les dans des dortoirs, battez-les [ ]." Les Femmes, v 34). En cas d'adultère, le témoignage de quatre personnes est requis avant de sévir. "Si ceux-ci témoignent [de la chose] retenez [ces femmes] dans [vos] demeures jusqu'à ce que la mort les rappelle [ ]."(Les Femmes, v 23). Le pardon des femmes infidèles est rigoureusement proscrit : "Celui ou celle qui, parmi vous, commettent [la Turpitude], sévissez contre eux ! S'ils reviennent [de leurs fautes] et [se] réforment, détournez vous d'eux." (idem, v 24). HOMOSEXUALITÉ : Elle est déconseillée chez les hommes ("Si vous avez une aversion pour [les femmes], il est possible que vous ayez aversion pour une chose en laquelle Allah a mis un grand bien" Les Femmes, v 23) et punie de mort chez les femmes (Les Femmes, v 15). Les homosexuels sont en fait également passibles de la peine capitale, mais disposent d'une alternative : le repentir (idem, v 16), qui semble suffire à effacer totalement leur "faute". VOILE : certains versets attestent une coutume de port du voile sans pour autant le prescrire, comme Les Partisans, v 59 ou encore La Lumière v 30/31 : "Dis aux croyants qu'ils baissent leurs regards et qu'ils soient chastes. Ce sera plus décent pour eux. Allah est bien informé de ce qu'ils font. Dis aux croyantes de baisser leurs regards, d'être chastes, de ne montrer de leurs atours que ce qui en parait. Qu'elles rabattent leurs voiles sur leurs gorges ! Qu'elles montrent seulement leurs atours à leurs époux, ou à leurs pères, ou aux pères de leurs époux ou à leurs fils, ou aux fils de leurs sœurs, ou à leurs femmes, ou à leurs esclaves, ou à leurs serviteurs mâles que n'habite pas le désir [charnel], ou aux garçons qui ne sont pas [encore] au fait de la conformation des femmes.". Cependant le flou le plus total règne quant aux parties du corps qu'il convient de dissimuler (gorge, c'est-à-dire poitrine, mise à part) et sur la façon de le faire. En tous cas, le sens de ces prescriptions est clair : les femmes doivent dissimuler les parties d'elles même susceptibles d'attiser le désir des hommes car elles sont tenues responsables du refus des hommes de maîtriser leur désir. RÈGLES : " [La menstruation] est un mal. Tenez vous à l'écart des femmes durant la menstruation, et ne vous approchez point d'elles avant qu'elles ne soient pures." (La Genisse, v 222). Cependant, Aïcha (l'épouse préférée du Prophète) a dit : "Le Prophète [ ] s'appuyait sur mon giron, bien que j'eusse mes menstrues et ensuite il récitait le Coran. Je démêlais [ses] cheveux bien que j'eusse mes menstrues". (Sunna, 6-3) PARADIS : l'accès en est conditionnel pour les femmes. N'y entreront que les vierges et, pour les femmes mariées, celles dont les époux se seront comportés en vrais croyants. Pour les hommes, en prime de bon comportement, des houris toujours vierges (des centaines selon certains exégètes) seront mises à leur disposition ("Nous les marions aux Houris-des-yeux**" La Fumée, v 54 , "Des vierges sont là, les meilleures des excellentes" Le Matriaciant, v 70). Pour les femmes, pas de bol, non seulement elles n'auront pas droit au moindre petit gadget érotique, mais en plus elles devront continuer à servir leur mari pour l'éternité. Je ne sais pas ce qu'ils nous proposent en enfer mais ça vaudrait sans doute le coup de se renseigner. LES SURVIVANCES POLYTHEISTES : Al-Lât, al-Uzza et Manât, les principales déesses de l'Arabie pré-islamiques sont citées dans le Coran ! Elles sont décrites comme "des déesses sublimes dont l'intercession est à implorer". Il va de soi que les courts passages qui les concernent n'ont jamais bénéficié d'une immense faveur. Ils furent rapidement considérés comme ayant été inspirés par Satan et non par Allah, et à ce titre, supprimés du Coran (ils étaient originellement situés dans la sourate L'Etoile, versets 21 et suivants). Ce sont les fameux versets sataniques qu'évoque le livre de Salman Rushdie. Bref, aucun doute ne subsiste : le Coran est un texte sexiste. Certes, comme avec tous les grands textes sacrés, le degré de ce sexisme varie en fonction des interprétations de chaque école d'exégèse, voire de chaque croyant. Mais cependant, malgré la toute relative bienveillance du pouvoir patriarcal que le Coran propose, il n'est pas surprenant de voir l'islam être utilisé pour justifier le pire. Excision, séquestration routinière, restriction de l'accès à l'éducation, au travail salarié et donc à l'indépendance financière, dénégation du droit à l'avortement et à la contraception, mariage forcé, peine de mort applicable à des fillettes de dix ans (en Iran), viol systématique des condamnées à mort (en Iran toujours, pour éviter qu'elles ne gagnent le Paradis à bon prix), jusqu'à l'interdiction de conduire une voiture (!! en Arabie Saoudite), etc : nommez une privation de droit, il y a quelque part un pays, un village, une famille où les femmes en sont victimes au nom de l'islam. Anne et Sophie *Cette exploitation particulièrement répugnante
du personnel domestique féminin (en plus court on dit aussi "viol")
semble être encore d'actualité dans certaines communautés islamiques.
**Une houri-des-yeux est une femme à la peau blanche (houri) et aux grands yeux, le stéréotype de la femme superbe à l'époque. Pour en savoir plus sur les religions, vous trouverez des articles sur l'Eglise et Chirac, le védisme, le femmes chez Saint Paul, le judaïsme dans le MPC n° 9 (" La religion nous opprime, abattons la religion ! ")... ainsi qu'un mini-dossier Chiapas. |